Alors que l'Assemblée nationale doit examiner, ce lundi 29 juin, la proposition de loi portant révision de la Constitution, Alioune Tine estime que plusieurs dispositions du texte vont dans le sens d'une modernisation des institutions. Toutefois, le défenseur des droits humains considère qu'une réforme d'une telle ampleur mérite un débat national afin d'assurer sa cohérence et sa stabilité.
Le fondateur d'Afrikajom Center partage notamment l'objectif de réduire l'hyperprésidentialisme qui, selon lui, caractérise le fonctionnement des institutions sénégalaises. Il soutient également un renforcement du rôle du Parlement, tout en soulignant que cette évolution doit s'accompagner d'une réforme de la représentation nationale.
L'expert attire également l'attention sur le renforcement des prérogatives du Premier ministre. Il estime que le transfert de certaines compétences du président de la République vers le chef du gouvernement ne peut être efficace sans une clarification de la nature du régime politique sénégalais.
Deux options se dégagent, selon lui : maintenir un régime présidentiel clairement assumé ou engager une transition vers un véritable régime parlementaire, avec une répartition des pouvoirs définie à travers un large consensus entre les acteurs politiques, les institutions et la société civile.
S'agissant de la création d'une Cour constitutionnelle en remplacement du Conseil constitutionnel, Alioune Tine juge que l'essentiel réside moins dans le changement d'appellation que dans le renforcement de l'indépendance, des moyens et de l'impartialité de la juridiction.
Le juriste plaide enfin pour une administration davantage fondée sur le mérite, avec des responsables techniques recrutés pour leurs compétences afin de garantir la continuité de l'action publique, indépendamment des alternances politiques.
Pour Alioune Tine, cette révision constitutionnelle constitue une occasion de consolider durablement les institutions sénégalaises. Il insiste toutefois sur la nécessité d'un dialogue national inclusif afin que les futures réformes reposent sur un consensus solide et répondent aux attentes des citoyens.























