Un trésor gazier pour le marché national
Les réserves sont estimées entre 25 et 32 Tcf, un volume jugé exceptionnel. Pour situer l’enjeu, il précise qu’« un Tcf nous donnerait, au taux de consommation actuel, une autonomie de 23 ans ». L’option retenue est claire : privilégier le marché local. Le gaz sera destiné aux centrales électriques, aux industries et aux ménages, plutôt qu’à l’exportation.
Diviser par deux la facture d’électricité
Alioune Guèye met en avant un impact direct sur le quotidien. « Avec ce gaz, nous pouvons réduire les coûts de production de l’électricité de moitié », explique-t-il. Concrètement, « quelqu’un qui paie 100 000 FCFA pourrait se retrouver à 50 000 FCFA ». Cette baisse du coût de l’énergie doit aussi soutenir l’industrialisation : « Si ce facteur est réduit de moitié, vous pouvez imaginer l’essor des entreprises et des emplois. »
Financement : s'inspirer des modèles mondiaux de réussite
Pour la première phase, estimée à 1 800 milliards FCFA, Petrosen veut éviter les schémas classiques dominés par les majors. Alioune Guèye cite le projet GTA comme contre-exemple : « Pour un investissement de 5 400 milliards FCFA, le projet générera entre 18 000 et 24 000 milliards FCFA sur 20 ans. Or, la majorité ira à BP, tandis que le Sénégal n’en percevra qu’une part limitée. »
Il plaide ainsi pour un modèle endogène, s’inspirant d’expériences internationales comme celles de la Norvège ou de l’Arabie saoudite, mais aussi de l’Éthiopie, qui a mobilisé environ 2 400 milliards FCFA pour financer son grand barrage couvrant aujourd’hui près de 40 % de ses besoins énergétiques. « On ne demande pas la charité, on demande aux Sénégalais d’investir », insiste-t-il, misant sur l’épargne nationale et la diaspora à travers des placements de long terme « conformes aux principes halal ».
Petrosen seul aux commandes
Le choix d’opérer sans partenaire majoritaire s’inscrit dans cette logique. « Les intérêts d’un partenaire diffèrent de ceux du Sénégal », souligne-t-il. Là où les compagnies privilégient l’exportation et la rentabilité rapide, l’État entend prioriser le développement interne et la création de valeur locale. En pilotant seul le projet, Petrosen vise à garder la maîtrise des retombées économiques.
Confiant, l'interlocuteur du quotidien national conclut : « Je ne dis pas “si”, mais “quand” nous réussirons, vous verrez le Sénégal sur une pente de développement que rien ne pourra arrêter. »


















