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IGF et “dette cachée” : pourquoi un ministre a tenté de démissionner après la décision de Ousmane Sonko


Rédigé le Mardi 9 Décembre 2025 à 17:24 | Lu 14 fois | 0 commentaire(s)



L’affaire de la « dette cachée » continue de provoquer des secousses au sommet de l’État, dévoilant les profondes divergences qui traversent l’exécutif. Selon des informations rapportées par Jeune Afrique, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, avait présenté sa démission au Premier ministre Ousmane Sonko à un moment critique de la gestion du scandale financier.
Tout part du premier rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), document explosif destiné à établir l’ampleur réelle de la dette publique. Alors que le président Bassirou Diomaye Faye et son ministre des Finances estimaient nécessaire de gérer la situation avec prudence, le Premier ministre Ousmane Sonko avait, lui, l’intention ferme de rendre le rapport public.
« Cheikh Diba avait présenté sa démission au Premier ministre lorsqu’il a appris que ce dernier avait l’intention de rendre public le premier rapport de l’Inspection générale des finances (IGF). Ousmane Sonko a refusé et le président a convaincu le ministre des Finances et du Budget, dont il est très proche, de rester », confie une source sénégalaise au fait du dossier.
Selon l’article, Cheikh Diba et le chef de l’État partageaient la même inquiétude : une divulgation trop brutale de la situation financière pouvait déstabiliser davantage un pays déjà fragilisé par la révélation de la dette non comptabilisée. L'administration faisait face à un risque majeur : une perte de confiance des marchés, des bailleurs internationaux et des partenaires stratégiques.
Cheikh Diba, technicien ayant passé dix ans au cœur de l’appareil financier de l’État, considérait que la publication immédiate du rapport pouvait provoquer une rupture supplémentaire avec le FMI, déjà échaudé par les déclarations offensives du Premier ministre quelques jours plus tôt.
Le rôle déterminant du président Bassirou Diomaye Faye
La démission du ministre, si elle avait été acceptée, aurait pu accentuer la crise de gouvernance naissante. Conscient de l’importance stratégique de Cheikh Diba — considéré comme un compagnon de longue date et un allié technocratique précieux — le président serait intervenu directement pour lui demander de rester en poste.
Selon Jeune Afrique, Bassirou Diomaye Faye a personnellement convaincu son ministre que sa présence était indispensable dans une période aussi délicate, compte tenu de sa connaissance intime des dossiers budgétaires et de son rôle dans les négociations avec les institutions financières internationales.
La tentative de démission de Cheikh Diba éclaire les fractures internes au sein du pouvoir : D’un côté, une approche politique offensive incarnée par Ousmane Sonko, déterminé à exposer publiquement les dérives de l’ancien régime. De l’autre, une approche plus technocratique et prudente défendue par Diba et le président, soucieux de préserver la stabilité financière du pays et d’éviter un choc économique brutal.
Cet épisode, jusqu’ici méconnu du grand public, révèle l’ampleur des débats internes autour de la gestion de la dette et des relations avec le FMI, dans un contexte où le Sénégal cherche encore une voie pour sortir d’une crise budgétaire sans précédent.



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Thiès : le maire Babacar Diop interpelle les entreprises minières sur l’impact environnemental et social

Lors des journées portes ouvertes sur le secteur minier, le maire de Thiès, Babacar Diop, a appelé les sociétés minières à respecter l’environnement, les infrastructures et la vie des populations.

 

À l’occasion de la cérémonie d’ouverture des journées portes ouvertes sur le secteur minier, le maire de la ville de Thiès, Dr Babacar Diop, a lancé un appel solennel aux entreprises minières de la région pour une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux.

« Les entreprises doivent respecter notre environnement. Elles ne doivent pas détruire nos routes, ni fragiliser le rail, ni mettre en danger des vies alors qu’elles brassent des milliards », a déclaré le maire, regrettant les impacts visibles de l’activité minière sur la ville et ses habitants.

Dans son intervention, Dr Babacar Diop a insisté sur la nécessité d’une justice sociale et d’une prise en considération des populations locales. « C’est un appel du cœur pour penser à ces pauvres gens, Monsieur le Ministre », a-t-il lancé.

Le maire a conclu son discours en rappelant que certaines richesses naturelles sont inestimables et ne sauraient être monnayées : « Il y a des choses que l’argent ne peut pas acheter. Vous ne pouvez pas acheter le vent, le soleil ou la pluie… »




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Fraude et corruption : la CENTIF confie 46 affaires majeures au Procureur

La Cellule nationale de Traitement des Informations financières (CENTIF) frappe fort en 2024. Son rapport annuel, rendu public cette semaine, met en évidence une véritable montée en puissance du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). La sortie du Sénégal de la liste grise du Groupe d’Action financière (GAFI) le 25 octobre 2024 marque une étape décisive dans ce combat.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La CENTIF a enregistré 928 déclarations d’opérations suspectes (DOS) en 2024, soit une hausse de 15 % par rapport à 2023. Les banques et établissements financiers demeurent les principaux acteurs de la vigilance, représentant 83 % des signalements. Les déclarations de transactions en espèces (DTE), obligatoires pour les opérations supérieures à 15 millions de FCFA, ont explosé de 151 %, passant de 17 millions à 42,7 millions FCFA.
Le rapport révèle que fraude, corruption et infractions fiscales restent les principales cibles du dispositif. La fraude domine les signalements (60 % des cas), suivie de la corruption et des infractions fiscales. En revanche, les cas de faux et usage de faux ou de contrebande ont reculé.
Mais la CENTIF pointe aussi de nouvelles méthodes de blanchiment : « Nous observons désormais des escroqueries sur les deniers publics via des sociétés écrans et prête-noms, l’exploitation des plateformes de jeux en ligne, la manipulation de contrats d’assurance-vie, des transferts occultes dans le secteur extractif et un recours croissant aux cryptomonnaies », alerte le rapport.
En matière judiciaire, la CENTIF a transmis 46 dossiers au Procureur du Pool judiciaire financier, contre un nombre inférieur l’an passé. Les classements sans suite ont reculé de 36 %, traduisant « une meilleure qualité des analyses », note le président Cheikh Mouhamadou Bamba Siby dans l’avant-propos du document.
Depuis son inscription sur la liste des juridictions sous surveillance en janvier 2021, le Sénégal s’était engagé à mettre en œuvre 49 mesures correctives. Selon Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, « l’atteinte de ces résultats est le fruit d’une synergie entre les acteurs nationaux et les partenaires internationaux ». Une performance qui pourrait bien consolider la réputation du pays sur la scène financière mondiale.


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