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ICS : le gouvernement dénonce un manque à gagner de 1 075 milliards FCFA


Rédigé le Vendredi 13 Mars 2026 à 10:21 | Lu 2 fois | 0 commentaire(s)


Le gouvernement sénégalais accélère la renégociation des contrats dans les secteurs stratégiques. Lors d’un point de presse, le Premier ministre Ousmane Sonko a placé le dossier des Industries chimiques du Sénégal (ICS) au cœur de l’actualité économique, annonçant une série de décisions majeures visant à restructurer en profondeur la filière phosphatière et à renforcer la souveraineté économique du pays.


Selon le chef du gouvernement, les investigations menées par le Comité de renégociation des contrats, en collaboration avec l’Inspection générale d’État, ont mis en évidence d’importantes irrégularités dans la gestion et l’exploitation de cette ressource stratégique. Les conclusions des enquêtes évoquent un manque à gagner estimé à 1 075 milliards de FCFA pour l’État du Sénégal dans le cadre des conventions liant l’État à l’entreprise.
D’après le Premier ministre, ces pertes s’expliqueraient notamment par « des avantages indus accordés à l’entreprise, des exonérations fiscales jugées illégales, des redevances non versées ainsi que par des abandons de créances et diverses opérations financières qui ont privé l’État de son actionnariat pendant plusieurs années ».
Blocage des comptes et reprise des actifs
Face à ces constats, le gouvernement a décidé de prendre des mesures immédiates afin de contraindre l’entreprise à honorer ses obligations financières. Les comptes des ICS ont ainsi été bloqués pour faciliter le recouvrement de redevances estimées à près de 200 milliards de FCFA.
Dans la même dynamique, le Premier ministre a annoncé une décision majeure concernant les concessions minières détenues par les partenaires étrangers.
« Ce qui a été décidé, nous avons décidé également de résilier. Ce ne sont pas des concessions qui sont déjà arrivées à terme. Nous avons décidé de résilier les trois concessions minières. Ce que nous voulons désormais dans ce secteur, c’est de reprendre l’ensemble des actifs et de définir par nous-mêmes ce que nous voulons faire de nos phosphates », a déclaré Ousmane Sonko.
Pour le chef du gouvernement, cette orientation marque une rupture avec les pratiques antérieures et vise à redonner à l’État un rôle central dans la gestion des ressources naturelles. Au-delà de la récupération des actifs, l’exécutif entend redéfinir la stratégie de valorisation du phosphate sénégalais. L’objectif est de rompre avec le modèle historique fondé sur l’exportation de matières premières brutes et de privilégier la transformation locale.
« Notre ambition, c’est de venir sur le marché sous-régional et d’exporter trois millions de tonnes d’engrais », a indiqué le Premier ministre, soulignant la volonté du Sénégal de se positionner comme un acteur majeur du marché des fertilisants en Afrique de l’Ouest. Cette nouvelle orientation vise également à soutenir la productivité agricole nationale, dans un contexte où la demande en engrais reste particulièrement forte dans la sous-région.
Le secteur cimentier également dans le viseur
Les travaux du Comité de renégociation des contrats ne se limitent pas à la filière phosphatière. Le gouvernement s’est également penché sur le secteur cimentier, où des pertes importantes auraient été enregistrées au détriment des finances publiques.
« Le comité s’est penché sur le secteur cimentaire et a constaté des manques à gagner extrêmement importants. Notamment pour la première cimenterie 160 milliards, la seconde 148 milliards, la troisième 63 milliards et la quatrième 47 milliards », a révélé Ousmane Sonko.
Pour corriger ces déséquilibres, l’État prévoit un réalignement fiscal de l’ensemble des cimenteries sur le cadre réglementaire en vigueur.
« La décision qui a été prise, c’est de réaligner l’ensemble de ces cimenteries sur le code de 2016 et d’enlever toutes les exonérations dans ce secteur. Cela nous permettra d’escompter un gain annuel de 360 milliards de FCFA supplémentaires », a précisé le Premier ministre.
Ces décisions s’inscrivent dans la politique de renégociation des contrats dans les secteurs miniers et énergétiques engagée par les nouvelles autorités. L’objectif affiché par le gouvernement est de renforcer la souveraineté économique du Sénégal, tout en garantissant une meilleure valorisation des ressources naturelles au profit de l’économie nationale.



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Thiès : le maire Babacar Diop interpelle les entreprises minières sur l’impact environnemental et social

Lors des journées portes ouvertes sur le secteur minier, le maire de Thiès, Babacar Diop, a appelé les sociétés minières à respecter l’environnement, les infrastructures et la vie des populations.

 

À l’occasion de la cérémonie d’ouverture des journées portes ouvertes sur le secteur minier, le maire de la ville de Thiès, Dr Babacar Diop, a lancé un appel solennel aux entreprises minières de la région pour une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux.

« Les entreprises doivent respecter notre environnement. Elles ne doivent pas détruire nos routes, ni fragiliser le rail, ni mettre en danger des vies alors qu’elles brassent des milliards », a déclaré le maire, regrettant les impacts visibles de l’activité minière sur la ville et ses habitants.

Dans son intervention, Dr Babacar Diop a insisté sur la nécessité d’une justice sociale et d’une prise en considération des populations locales. « C’est un appel du cœur pour penser à ces pauvres gens, Monsieur le Ministre », a-t-il lancé.

Le maire a conclu son discours en rappelant que certaines richesses naturelles sont inestimables et ne sauraient être monnayées : « Il y a des choses que l’argent ne peut pas acheter. Vous ne pouvez pas acheter le vent, le soleil ou la pluie… »




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Fraude et corruption : la CENTIF confie 46 affaires majeures au Procureur

La Cellule nationale de Traitement des Informations financières (CENTIF) frappe fort en 2024. Son rapport annuel, rendu public cette semaine, met en évidence une véritable montée en puissance du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). La sortie du Sénégal de la liste grise du Groupe d’Action financière (GAFI) le 25 octobre 2024 marque une étape décisive dans ce combat.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La CENTIF a enregistré 928 déclarations d’opérations suspectes (DOS) en 2024, soit une hausse de 15 % par rapport à 2023. Les banques et établissements financiers demeurent les principaux acteurs de la vigilance, représentant 83 % des signalements. Les déclarations de transactions en espèces (DTE), obligatoires pour les opérations supérieures à 15 millions de FCFA, ont explosé de 151 %, passant de 17 millions à 42,7 millions FCFA.
Le rapport révèle que fraude, corruption et infractions fiscales restent les principales cibles du dispositif. La fraude domine les signalements (60 % des cas), suivie de la corruption et des infractions fiscales. En revanche, les cas de faux et usage de faux ou de contrebande ont reculé.
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En matière judiciaire, la CENTIF a transmis 46 dossiers au Procureur du Pool judiciaire financier, contre un nombre inférieur l’an passé. Les classements sans suite ont reculé de 36 %, traduisant « une meilleure qualité des analyses », note le président Cheikh Mouhamadou Bamba Siby dans l’avant-propos du document.
Depuis son inscription sur la liste des juridictions sous surveillance en janvier 2021, le Sénégal s’était engagé à mettre en œuvre 49 mesures correctives. Selon Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, « l’atteinte de ces résultats est le fruit d’une synergie entre les acteurs nationaux et les partenaires internationaux ». Une performance qui pourrait bien consolider la réputation du pays sur la scène financière mondiale.


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