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Dossier AEE Power : quand la “victoire judiciaire” proclamée déclenche une tempête de démentis… la guerre des communiqués autour de 37 milliards de FCfa


Rédigé le Jeudi 22 Janvier 2026 à 18:41 | Lu 8 fois | 0 commentaire(s)



Le dossier AEE Power refait irruption sur la scène publique, ravivant une polémique aux forts relents politiques, judiciaires et financiers. Au cœur de la controverse : un marché public d’électrification rurale estimé à 91,8 milliards de FCfa, dont 37 milliards de FCfa d’avance de démarrage déjà décaissés, et l’interprétation opposée d’une décision judiciaire. Selon L’Observateur, cette affaire oppose frontalement l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (Aser) à des responsables politiques et des acteurs de la société civile, dans une véritable bataille de communiqués.
 
Jean-Michel Sène crie victoire et annonce “le temps de la vérité”
 
Dans une publication sur sa page Facebook, le Directeur général de l’Aser, Jean-Michel Sène, a annoncé ce qu’il présente comme une victoire judiciaire décisive. « Après quinze longs mois de désinformation, de manipulation et de bataille judiciaire […], le dossier est désormais vidé », écrit-il, affirmant que la décision de la Cour suprême mettrait un terme définitif à un feuilleton aux lourdes conséquences institutionnelles.
 
D’après L’Observateur, le patron de l’Aser voit dans cette décision une clarification attendue et le début d’une nouvelle phase qu’il qualifie de « temps de la vérité ». Sans entrer immédiatement dans les détails, Jean-Michel Sène promet une conférence de presse imminente au cours de laquelle il compte exposer « les faits, les responsabilités et le modus operandi » qui auraient entouré le projet AEE Power.
 
Allant plus loin, il évoque même une tentative « de s’enrichir sur le dos des Sénégalais », une pratique qu’il affirme avoir déjà observée dans d’autres projets publics. Face à ce qu’il décrit comme des dérives récurrentes, assure-t-il, l’Aser aurait mené une bataille judiciaire de quinze mois pour défendre l’intérêt général. Pour le Directeur général, la décision de la Cour suprême marque ainsi un coup d’arrêt aux controverses juridiques et redonne l’initiative à son institution.
 
Une réplique politique démonte la “victoire” annoncée
 
Mais cette sortie triomphaliste n’aura pas résisté longtemps à la contradiction. Toujours selon L’Observateur, Aliou Diouf, responsable du parti La République des valeurs de Thierno Alassane Sall, est rapidement monté au créneau pour contester, point par point, la version avancée par Jean-Michel Sène.
 
Dans un ton incisif, Aliou Diouf accuse le Directeur général de l’Aser de manipulation de l’opinion publique. Il rappelle que la suspension du marché n’est, selon lui, plus d’actualité depuis plusieurs mois. Une ordonnance rendue le 21 février 2025 aurait déjà levé la suspension prononcée par l’Arcop en octobre 2024, après l’introduction d’un « élément nouveau » par l’Aser elle-même.
 
« La suspension des travaux a été levée depuis bientôt un an. Donc, quelle est la pertinence d’une deuxième levée ? », s’interroge Aliou Diouf, qui estime qu’aucun fait nouveau ne justifie l’annonce spectaculaire faite par le DG de l’Aser. Pour lui, le débat est volontairement déplacé. « Le débat, ce n’est pas la suspension ou non du marché, c’est les 37 milliards », martèle-t-il.
 
Les 37 milliards de FCfa au centre des soupçons
 
Toujours selon L’Observateur, Aliou Diouf met surtout en cause la gestion des fonds publics alloués au projet. Il affirme que, malgré le décaissement de 37 milliards de FCfa, le programme d’électrification rurale n’en serait qu’à une phase test couvrant une quarantaine de villages, après près de 19 mois d’exécution. Une situation qu’il juge difficilement défendable au regard des objectifs initiaux affichés.
 
Plus grave encore, il évoque la suspension des décaissements par la banque Santander, bailleur du projet, qui exigerait des éclaircissements sur l’utilisation des fonds. Une dimension financière et opérationnelle qui, selon lui, serait soigneusement passée sous silence au profit « d’effets d’annonce » autour d’une décision judiciaire.
 
La décision de l’Arcop, nœud de la controverse
 
Au-delà des échanges sur les réseaux sociaux, le dossier AEE Power repose sur un acte administratif clé : la décision n°107-2024/ARCOP/DEF du 2 octobre 2024, rendue par l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop). Comme le rappelle L’Observateur, cette décision avait ordonné la suspension du marché, à la suite d’un recours introduit contre la procédure d’attribution.
 
C’est précisément autour de cette décision que s’opposent aujourd’hui les lectures du Directeur général de l’Aser et celles de ses détracteurs. Pour les uns, la page judiciaire serait définitivement tournée. Pour les autres, les véritables zones d’ombre demeurent, notamment sur l’utilisation des 37 milliards de FCfa déjà engagés.



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Thiès : le maire Babacar Diop interpelle les entreprises minières sur l’impact environnemental et social

Lors des journées portes ouvertes sur le secteur minier, le maire de Thiès, Babacar Diop, a appelé les sociétés minières à respecter l’environnement, les infrastructures et la vie des populations.

 

À l’occasion de la cérémonie d’ouverture des journées portes ouvertes sur le secteur minier, le maire de la ville de Thiès, Dr Babacar Diop, a lancé un appel solennel aux entreprises minières de la région pour une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux.

« Les entreprises doivent respecter notre environnement. Elles ne doivent pas détruire nos routes, ni fragiliser le rail, ni mettre en danger des vies alors qu’elles brassent des milliards », a déclaré le maire, regrettant les impacts visibles de l’activité minière sur la ville et ses habitants.

Dans son intervention, Dr Babacar Diop a insisté sur la nécessité d’une justice sociale et d’une prise en considération des populations locales. « C’est un appel du cœur pour penser à ces pauvres gens, Monsieur le Ministre », a-t-il lancé.

Le maire a conclu son discours en rappelant que certaines richesses naturelles sont inestimables et ne sauraient être monnayées : « Il y a des choses que l’argent ne peut pas acheter. Vous ne pouvez pas acheter le vent, le soleil ou la pluie… »




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