Le chiffre avancé est lourd : 424 millions FCFA dépensés. Une somme qui, au lieu de rassurer, soulève de nombreuses interrogations.
Pour Oustaz Makhtar Sarr, il ne s’agit pas d’un simple débat technique, mais d’une question de justice sociale et de responsabilité morale. « Avec un tel montant, plus de 1000 enfants pourraient être nourris pendant au moins 8 mois », souligne-t-il, pointant du doigt un décalage entre les dépenses annoncées et la réalité sur le terrain.
Dans les daaras, les conditions de vie restent souvent précaires : alimentation insuffisante, encadrement limité, infrastructures dégradées. Pourtant, des millions sont annoncés pour des activités ponctuelles comme des cérémonies ou des opérations de communication.
L’ustaz s’interroge ouvertement :
où est passée la part réelle destinée aux enfants ?
Car derrière les chiffres, ce sont des vies, des enfants, des familles qui espèrent un meilleur encadrement éducatif et social.
Autre point soulevé : la priorisation des dépenses.
Des montants importants seraient mobilisés pour des événements, des petits-déjeuners ou des activités symboliques, alors que les besoins essentiels — nourriture, santé, encadrement pédagogique — restent largement insatisfaits.
Pour Oustaz Makhtar Sarr, la situation donne l’impression d’un « projet économique » plutôt qu’une action sociale centrée sur l’enfant talibé.
Face à cette situation, il appelle à :
plus de transparence,
un audit des fonds engagés,
une réorientation des priorités vers les besoins réels des daaras.
Alors que des millions de Sénégalais restent attachés aux valeurs éducatives et spirituelles des daaras, cette polémique met en lumière un malaise profond : celui d’un système où les moyens existent, mais dont l’impact réel reste flou.
À la veille de cette journée censée célébrer les daaras, une question demeure :
célèbre-t-on réellement les enfants… ou les chiffres ?
Oustaz Makhtar Sarr






















