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70 % des femmes mariées victimes de violences : histoires effarantes derrière le silence des chiffres


Rédigé le Mardi 17 Mars 2026 à 11:51 | Lu 8 fois | 0 commentaire(s)



Derrière la froideur des statistiques et la rigueur des rapports techniques se cachent des destins brisés, des voix étouffées et des quêtes de justice inabouties. À Dakar, dans le cadre d’une journée de réflexion organisée par l’Association des Professionnels de l’Information et du Genre (APIG), en partenariat avec ONU Femmes et la Direction de l’Équité et de l’Égalité de Genre (DEEG), les acteurs du secteur ont lancé un défi aux médias : transformer les données brutes en récits humains capables d’interpeller l’opinion et les décideurs. Car derrière chaque pourcentage se cache une réalité souvent brutale pour les femmes.
Quand les chiffres racontent l’injustice
Au Sénégal, les textes juridiques et les engagements internationaux sont nombreux. Le pays a ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et adhéré à l'Objectif de Développement Durable n°5. Pourtant, derrière ces avancées législatives, les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) révèlent des réalités préoccupantes : 31,9 % des Sénégalaises déclarent avoir subi au moins une forme de violence, et 70 % des femmes mariées affirment y avoir été exposées depuis leur premier mariage. Plus tragique encore, certaines violences surviennent avant l’âge de 12 ans.
Pour la sociologue Ndeye Fatou Cissé, experte en genre et inclusion sociale, ces données montrent les limites de l’arsenal juridique : « Les lois existent, mais les réalités sociales montrent que l’accès à la justice reste encore très inégal pour les femmes. »
L'économie et la terre : le règne de la précarité
Les inégalités frappent également le portefeuille.
Les femmes ne représentent que 31,3 % des propriétaires d’entreprises formelles. La grande majorité évolue dans l’informel (92,9 %), sans protection sociale. Dans le secteur agricole, le paradoxe est criant : les femmes constituent 70 % de la population active et assurent 80 % de la production alimentaire, mais elles ne dirigent que 11 % des exploitations et possèdent une part infime des terres.
Une parité de façade dans la gouvernance
Si la Loi sur la parité a permis aux femmes d'occuper 41 % des sièges au Parlement, le plafond de verre reste intact au niveau local. On ne compte que 18 femmes maires sur 558 communes et seulement 3 présidentes de conseils départementaux sur 43. Ces chiffres illustrent le fossé entre les promesses politiques et la réalité territoriale.
Médias : entre invisibilité et sexisme
L’espace médiatique n'échappe pas à cette tendance. Au Sénégal, les femmes n'occupent qu'environ 13 % de l'espace dans les contenus médiatiques. Pire, leur expertise est ignorée : durant la pandémie de Covid-19, seulement 27 % des experts interviewés étaient des femmes, alors qu'elles représentent 46 % du personnel de santé.
Ndeye Fatou Cissé dénonce également le traitement médiatique des violences sexuelles : « Lorsqu’un viol est évoqué, on interroge souvent la manière dont la victime s’habillait au lieu de se concentrer sur l’auteur du crime. Comment expliquer alors le viol d’une fillette de trois ans ? » s'interroge-t-elle avec amertume.
Donner un visage aux statistiques
Pour Adama Diouf Ly, présidente de l’APIG, l’enjeu est de « donner un visage à la statistique » pour que l'opinion ne puisse plus détourner le regard. Seynabou Sarr d'ONU Femmes renchérit : « Ces données ne changeront rien si elles restent enfermées dans les rapports techniques. C’est vous, journalistes, qui leur donnez vie. » Pour la DEEG, l'heure n'est plus au constat, mais à l'action pour que la justice de genre devienne une réalité mesurable.
SENEWEB





Thiès : le maire Babacar Diop interpelle les entreprises minières sur l’impact environnemental et social

Lors des journées portes ouvertes sur le secteur minier, le maire de Thiès, Babacar Diop, a appelé les sociétés minières à respecter l’environnement, les infrastructures et la vie des populations.

 

À l’occasion de la cérémonie d’ouverture des journées portes ouvertes sur le secteur minier, le maire de la ville de Thiès, Dr Babacar Diop, a lancé un appel solennel aux entreprises minières de la région pour une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux.

« Les entreprises doivent respecter notre environnement. Elles ne doivent pas détruire nos routes, ni fragiliser le rail, ni mettre en danger des vies alors qu’elles brassent des milliards », a déclaré le maire, regrettant les impacts visibles de l’activité minière sur la ville et ses habitants.

Dans son intervention, Dr Babacar Diop a insisté sur la nécessité d’une justice sociale et d’une prise en considération des populations locales. « C’est un appel du cœur pour penser à ces pauvres gens, Monsieur le Ministre », a-t-il lancé.

Le maire a conclu son discours en rappelant que certaines richesses naturelles sont inestimables et ne sauraient être monnayées : « Il y a des choses que l’argent ne peut pas acheter. Vous ne pouvez pas acheter le vent, le soleil ou la pluie… »




BEST FM TV : WADIAL FIN D'ANNEE 2026 : LE DOXONTOU DE DJ PAKITO AU PROMONADE DES THIESSOIS #3



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Fraude et corruption : la CENTIF confie 46 affaires majeures au Procureur

La Cellule nationale de Traitement des Informations financières (CENTIF) frappe fort en 2024. Son rapport annuel, rendu public cette semaine, met en évidence une véritable montée en puissance du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). La sortie du Sénégal de la liste grise du Groupe d’Action financière (GAFI) le 25 octobre 2024 marque une étape décisive dans ce combat.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La CENTIF a enregistré 928 déclarations d’opérations suspectes (DOS) en 2024, soit une hausse de 15 % par rapport à 2023. Les banques et établissements financiers demeurent les principaux acteurs de la vigilance, représentant 83 % des signalements. Les déclarations de transactions en espèces (DTE), obligatoires pour les opérations supérieures à 15 millions de FCFA, ont explosé de 151 %, passant de 17 millions à 42,7 millions FCFA.
Le rapport révèle que fraude, corruption et infractions fiscales restent les principales cibles du dispositif. La fraude domine les signalements (60 % des cas), suivie de la corruption et des infractions fiscales. En revanche, les cas de faux et usage de faux ou de contrebande ont reculé.
Mais la CENTIF pointe aussi de nouvelles méthodes de blanchiment : « Nous observons désormais des escroqueries sur les deniers publics via des sociétés écrans et prête-noms, l’exploitation des plateformes de jeux en ligne, la manipulation de contrats d’assurance-vie, des transferts occultes dans le secteur extractif et un recours croissant aux cryptomonnaies », alerte le rapport.
En matière judiciaire, la CENTIF a transmis 46 dossiers au Procureur du Pool judiciaire financier, contre un nombre inférieur l’an passé. Les classements sans suite ont reculé de 36 %, traduisant « une meilleure qualité des analyses », note le président Cheikh Mouhamadou Bamba Siby dans l’avant-propos du document.
Depuis son inscription sur la liste des juridictions sous surveillance en janvier 2021, le Sénégal s’était engagé à mettre en œuvre 49 mesures correctives. Selon Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, « l’atteinte de ces résultats est le fruit d’une synergie entre les acteurs nationaux et les partenaires internationaux ». Une performance qui pourrait bien consolider la réputation du pays sur la scène financière mondiale.


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