Le lymphœdème est une affection vasculaire causée par un dysfonctionnement du système lymphatique, entraînant un gonflement progressif et douloureux des membres. Il touche plus de 250 millions de personnes dans le monde et se manifeste sous deux formes : primaire, d'origine génétique, ou secondaire, liées à des infections parasitaires comme la filariose lymphatique, reconnue comme Maladie Tropicale Négligée, à des cancers ou à des chirurgies.
Au Sénégal, la situation est préoccupante. Selon le Dr Mawdo Diop, angiologue et cardiologue à l'Hôpital Idrissa Pouye, le pays fait face à un « double fardeau » : le lymphœdème d'origine infectieuse et celui lié aux cancers, notamment du sein.
La question du coût du traitement est au cœur des préoccupations. Un traitement de dix jours peut dépasser 700 000 FCFA, un montant inaccessible pour la grande majorité des malades. « C'est une maladie chronique, on ne peut pas encore la guérir, mais on peut la maîtriser », a précisé le Dr Diop, qui souligne également le manque de disponibilité du matériel de bandage, essentiel à la prise en charge.
Une lueur d'espoir est venue du représentant du ministre de la Santé, Mamadou Diop, directeur de la Lutte contre la Maladie. Il a annoncé que le programme MTN est en discussion avec l’Agence Nationale de la Couverture Maladie Universelle (ANACMU) pour intégrer le lymphœdème dans le paquet de gratuité des soins. « L'espoir est permis, vu l'engagement du ministre et de l'État du Sénégal pour soulager ces patients », a-t-il déclaré, tout en rappelant les actions déjà menées : campagnes de sensibilisation, distribution massive de médicaments antiparasitaires et développement de solutions chirurgicales.
La cérémonie a aussi été marquée par la prise de parole poignante d'Aïssatou Mbodj, présidente de l'APALYSEN, association des personnes vivant avec le lymphœdème. Atteinte depuis 2009, elle a témoigné de la réalité quotidienne des malades : « Le lymphœdème ne touche pas seulement le corps, il éprouve aussi les familles." Elle a lancé un appel solennel à l'union, à l'information et à la solidarité : « Chaque geste compte. Chaque action peut transformer une vie. »
Cette première journée mondiale au Sénégal marque un tournant. Face à une maladie longtemps ignorée, patients, médecins et autorités sanitaires semblent désormais unis pour faire avancer la cause. Comme l'a affirmé Aïssatou Mbodj en clôture, « le lymphœdème n'est pas une fatalité. »
























