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La promotion de la médiocrité a désaxé le débat d’idées (Par Nicolas Silandibithe Bassène)


Rédigé le Jeudi 30 Octobre 2025 à 21:20 | Lu 7 fois | 0 commentaire(s)



Le débat d’idée était un moment privilégié qui n’était pas destiné à n’importe qui. Y prenaient part des aguerris qui, du point de vu sémantique, de la maîtrise du thème à débattre, de la communication non verbale (gestuelle, posture) et vocale (prosodie, intonation, rythme), dégageaient une intense pertinence et une connexion émotionnelle avec l'auditoire qui provoquaient une forte émotion, une profonde contemplation et une réminiscence nostalgique dans une atmosphère teintée de sérénité, de courtoisie, d’écoute et de respect mutuel. Aujourd’hui, avec la promotion de la médiocrité, le débat d’idées public a tout bonnement quitté le Sénégal.
 
Au Sénégal, en politique surtout, on ne se parle plus, on se confronte. La scène publique s’enflamme bien au-delà du débat d’idée. Suivre un débat sur les plateaux est simplement une perte de temps. Nos débats sensés être des moments véritables d’éclairage sur un ou des sujets d’actualité sont le lieux privilégié de la puanteur des paroles vides de profondeur, de la désinformation et à des confrontations.

Des confrontations, choix machiavéliques dont usent nos hommes et femmes publics ont fini par jeter le débat d’idées dans les eaux nauséabondes des attaques personnelles pour maquiller les carences. Cette carence d’hommes et de femmes chevronnés qui dégoulinaient-en toute objectivité une mine d’informations utiles-est due à la promotion des grandes gueules qui n’ayant pas de savoir et/ou d’expertise à offrir n’ont que des propos salaces tendancieux portés par une envie d’en découdre pour prouver leur existence. Ainsi, l’envie d’en découdre, fortement épousée, met à nu l’hypocrisie, la mauvaise foi, la malhonnêteté intellectuelle, le manque de tolérance et de bienveillance envers les idées ou les opinions des autres.

On ne discute plus de sujets ou de thèmes à forte valeur et à  impact sur la société mais plutôt on cherche à humilier, à vilipender la vie privée de l’autre. Sur ce, le débat d’idée n’est plus perçu comme un canal d’informer, de faire comprendre aux uns et aux autres sur des sujets précis mais il devient plutôt une arène agressive réservée aux plus bruyants. Les mots volent bas, très bas dans les pantalons et jupons transformant ainsi le débat d’idée public en injure publique. Quelle tristesse !

Cependant, l’insulte devenant le moyen de défense et d’existence est la voie royale empruntée par tous intellectuels y compris. En cela, la confrontation argumentaire d’idées et du discours programmatique disparaissent. Les acteurs mobilisent avec force et vigueur  l’invective comme arme de dé-légitimitation. Que c’est dommage!

Or, le débat d’idée est d’abord une conversation dans le but de convaincre ou de faire comprendre et non un clash à travers un argumentaire rigoureux, dense et cohérent qui prend racine sur le factuel. A Contrario du clash, qui lui est la dérive du débat d’idées, une méthode de régler un désaccord d’idées, de vision ou de programmes sans apporter les arguments nécessaires mais qui s’adosse sur les attaques personnelles, les menaces et parfois  la bagarre et blessure. Quoi de plus idiot !

 Par ailleurs, au regard des clichés entretenus par les acteurs publics lors des débats, nous voyons que la séduction, la spectacularisation et la réduction de l’adversité partisane aux rivalités des vedettes médiatiques ont éloigné le débat d’idées de son essence. Tout le monde veut devenir la star. Tchiey yallah!
 
Pour conclure rappelons que le débat d’idée n’est pas la dissolution des oppositions de fond, voire de tout contenu signifiant, mais un baromètre de la vitalité des mentalités et de la démocratie.  Or, les approches cliniques de nos intellectuels et hommes publics entérinent la liquidation du débat d’idée aux enjeux d’image imposés par des déterminants électoraux et/ou médiatiques.  Au Sénégal, le débat d’idées devient ainsi à la fois simulacre de conflit et simulacre de dialogue.
 
Nicolas Silandibithe Bassène



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Thiès : le maire Babacar Diop interpelle les entreprises minières sur l’impact environnemental et social

Lors des journées portes ouvertes sur le secteur minier, le maire de Thiès, Babacar Diop, a appelé les sociétés minières à respecter l’environnement, les infrastructures et la vie des populations.

 

À l’occasion de la cérémonie d’ouverture des journées portes ouvertes sur le secteur minier, le maire de la ville de Thiès, Dr Babacar Diop, a lancé un appel solennel aux entreprises minières de la région pour une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux.

« Les entreprises doivent respecter notre environnement. Elles ne doivent pas détruire nos routes, ni fragiliser le rail, ni mettre en danger des vies alors qu’elles brassent des milliards », a déclaré le maire, regrettant les impacts visibles de l’activité minière sur la ville et ses habitants.

Dans son intervention, Dr Babacar Diop a insisté sur la nécessité d’une justice sociale et d’une prise en considération des populations locales. « C’est un appel du cœur pour penser à ces pauvres gens, Monsieur le Ministre », a-t-il lancé.

Le maire a conclu son discours en rappelant que certaines richesses naturelles sont inestimables et ne sauraient être monnayées : « Il y a des choses que l’argent ne peut pas acheter. Vous ne pouvez pas acheter le vent, le soleil ou la pluie… »




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Fraude et corruption : la CENTIF confie 46 affaires majeures au Procureur

La Cellule nationale de Traitement des Informations financières (CENTIF) frappe fort en 2024. Son rapport annuel, rendu public cette semaine, met en évidence une véritable montée en puissance du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). La sortie du Sénégal de la liste grise du Groupe d’Action financière (GAFI) le 25 octobre 2024 marque une étape décisive dans ce combat.
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Le rapport révèle que fraude, corruption et infractions fiscales restent les principales cibles du dispositif. La fraude domine les signalements (60 % des cas), suivie de la corruption et des infractions fiscales. En revanche, les cas de faux et usage de faux ou de contrebande ont reculé.
Mais la CENTIF pointe aussi de nouvelles méthodes de blanchiment : « Nous observons désormais des escroqueries sur les deniers publics via des sociétés écrans et prête-noms, l’exploitation des plateformes de jeux en ligne, la manipulation de contrats d’assurance-vie, des transferts occultes dans le secteur extractif et un recours croissant aux cryptomonnaies », alerte le rapport.
En matière judiciaire, la CENTIF a transmis 46 dossiers au Procureur du Pool judiciaire financier, contre un nombre inférieur l’an passé. Les classements sans suite ont reculé de 36 %, traduisant « une meilleure qualité des analyses », note le président Cheikh Mouhamadou Bamba Siby dans l’avant-propos du document.
Depuis son inscription sur la liste des juridictions sous surveillance en janvier 2021, le Sénégal s’était engagé à mettre en œuvre 49 mesures correctives. Selon Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, « l’atteinte de ces résultats est le fruit d’une synergie entre les acteurs nationaux et les partenaires internationaux ». Une performance qui pourrait bien consolider la réputation du pays sur la scène financière mondiale.


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