Situation économique et sociale du Sénégal : Thierno Alassane Sall dresse un tableau sombre


Rédigé le Dimanche 15 Mars 2026 à 22:15 | Lu 4 fois | 0 commentaire(s)



Le député et leader politique Thierno Alassane Sall a dressé un tableau particulièrement sombre de la situation économique et sociale du Sénégal, estimant que le pays traverse une période difficile qui affecte durement les travailleurs et plus encore les personnes sans emploi.
Selon lui, plusieurs secteurs clés sont aujourd’hui en crise. « Enseignants et étudiants multiplient les mouvements de grève, révélant un malaise profond dans notre système éducatif. Le monde rural connaît des difficultés tout aussi préoccupantes. Malgré une bonne saison hivernale, des producteurs d’arachides peinent à écouler leurs récoltes, tandis que des maraîchers, faute de débouchés, se voient contraints de déverser leurs productions. Le secteur du BTP traverse également une crise majeure qui menace des milliers d’emplois », a déclaré le leader de la République des valeurs (RDV).
Il a également évoqué des inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique du pays. D’après lui, le stock stratégique d’hydrocarbures aurait diminué, alors même que les risques pesant sur l’approvisionnement sont connus depuis plusieurs mois, notamment avec les tensions autour du Venezuela et l’instabilité croissante au Moyen-Orient.
Dans le même temps, le député affirme que le Sénégal aurait honoré l’échéance de sa dette de mars 2026 sans qu’aucune communication officielle crédible n’ait été faite par les autorités. « L’opacité qui entoure cette opération est d’autant plus préoccupante que les seules informations disponibles proviennent du Togo », s’est-il indigné.
Face à cette situation, M. Sall estime que les Sénégalais doivent faire face à la cherté de la vie, au chômage et à un contexte économique et social de plus en plus inquiétant. « Dans un moment aussi grave, ils sont en droit d’attendre de leurs dirigeants qu’ils se consacrent pleinement aux urgences économiques et sociales. Mais les institutions qui devraient éclairer ces enjeux semblent aujourd’hui paralysées », a-t-il confié.
Selon lui, l’Assemblée nationale aurait pu se saisir de ces questions essentielles. Pourtant, elle serait plus occupée par des querelles politiciennes et des démonstrations d’allégeance aux deux têtes de l’exécutif engagées dans une bataille de positionnement en vue des prochaines échéances électorales.
Le député s’est également prononcé sur les prises de parole du Premier ministre marquées, selon lui, par des considérations personnelles que par de véritables orientations stratégiques. Il cite notamment le dossier du projet offshore profond de Kayar, dont l’avenir reste incertain après le retrait successif de BP et de Kosmos Energy.
La même absence de clarté, selon lui, entoure le dossier des Industries chimiques du Sénégal (ICS), dont la concession est arrivée à expiration sans qu’un plan précis de reprise ou de production soit présenté.
L’élu évoque également l’affaire du projet d’électrification rurale porté par l'ASER (Agence sénégalaise d'électrification rurale) et confié à l’entreprise AEE Power EPC. D’après lui, 37 milliards de francs CFA ont déjà été décaissés sans qu’aucune réalisation significative ne soit visible sur le terrain, alors que le projet global est estimé à plus de 91 milliards de francs CFA.
Face au risque de perte de ces ressources publiques, Thierno Alassane Sall indique avoir déposé une plainte le 16 octobre 2025 auprès du Pool judiciaire financier et saisi la justice espagnole ; une procédure ayant été ouverte le 24 février 2026 à Madrid afin d’obtenir des explications de l’entreprise AEE Power EPC et de Banco Santander SA sur l’utilisation des fonds.
« Les menaces, les calomnies et les tentatives de diversion ne nous ébranlent pas. Notre démarche est simple : défendre les ressources du peuple sénégalais. La véritable souveraineté commence par la protection de l’argent public et l’exigence de transparence dans chaque partenariat international », a-t-il déclaré.
Le leader de la RDV estime enfin que les Sénégalais méritent la vérité, la transparence et une gestion rigoureuse des ressources publiques, dénonçant des dysfonctionnements dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment au sein de Petrosen EPC, qui, dit-il, a connu trois directeurs généraux en deux ans.


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