Nouveau Traité sur la haute mer : un enjeu vital pour l’économie africaine et les communautés côtières


Rédigé le Dimanche 18 Janvier 2026 à 04:16 | Lu 0 fois | 0 commentaire(s)



L’entrée en vigueur du Traité sur la haute mer marque un tournant historique dans la gouvernance mondiale des océans. Greenpeace Afrique salue cette avancée majeure, tout en avertissant que ce texte ne produira des effets concrets pour l’Afrique que s’il est appliqué avec ambition, équité et courage politique.
Cette évolution intervient dans un contexte préoccupant : moins de 10 % des océans sont aujourd’hui protégés, alors que les experts recommandent de préserver au moins 30 % des espaces marins d’ici 2030. La haute mer, qui représente près de la moitié de la surface du globe, demeure largement livrée à elle-même. À peine 1,6 % de ces zones bénéficient d’un statut de protection, malgré une pression croissante liée à la pêche industrielle, à l’exploitation minière et à d’autres activités à fort impact environnemental.
Pendant des décennies, ces eaux situées au-delà des juridictions nationales ont été le théâtre d’une exploitation incontrôlée. Des flottes industrielles y opèrent sans limites réelles, tandis que l’Afrique en subit les conséquences : épuisement des stocks halieutiques, pertes économiques majeures, insécurité alimentaire accrue et pression grandissante sur la pêche artisanale.
"Ce traité n’est pas une victoire symbolique, c’est un instrument de justice", affirme Aliou Ba, responsable de la campagne Océans à Greenpeace Afrique. "S’il est appliqué avec rigueur, il peut mettre fin au pillage silencieux qui affaiblit les économies africaines. Dans le cas contraire, il rejoindra la longue liste des promesses non tenues faites aux peuples de la mer", ajoute-t-il.
Sur le continent, l’océan joue un rôle central dans la vie quotidienne. Il nourrit des millions de personnes et soutient des chaînes de valeur entières, pêcheurs artisanaux, mareyeuses, transformateurs, transporteurs, faisant vivre des communautés souvent parmi les plus vulnérables. Or, la surexploitation industrielle, largement liée aux activités lointaines en haute mer, a entraîné l’effondrement de nombreuses pêcheries. À mesure que les ressources se raréfient au large, la pression se reporte sur les eaux côtières, accentuant la pauvreté, les tensions sociales et les migrations forcées.
"Ce qui se passe loin de nos côtes finit toujours par nous frapper de plein fouet. Quand les grands navires vident l’océan, nous rentrons avec des pirogues vides. Protéger la haute mer, c’est protéger notre avenir", interpelle Mor Mbengue, pêcheur artisanal à Kayar. 
Ainsi, le Traité sur la haute mer pose désormais des bases essentielles : création d’aires marines protégées en haute mer, obligation d’évaluations d’impact environnemental avant toute activité potentiellement nuisible, partage équitable des bénéfices issus des ressources marines, notamment génétiques, et transfert de technologies au profit des pays en développement.
Pour Greenpeace Afrique, l’enjeu principal reste la mise en œuvre. L’organisation appelle les États africains à défendre des mesures de protection ambitieuses, à résister aux pressions des lobbies industriels, à investir dans la surveillance et le contrôle maritimes, et à associer pleinement les pêcheurs artisanaux et les communautés côtières aux décisions.
Enfin, Greenpeace Afrique exhorte les pays africains n’ayant pas encore ratifié le traité, à le faire sans délai, et invite ceux qui l’ont déjà ratifié à jouer un rôle moteur dans une application rigoureuse et exemplaire. Pour l’Afrique, la protection de la haute mer n’est pas un luxe : elle constitue une condition essentielle de survie économique, sociale et alimentaire.
 


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