Les autorités de Lagos poursuivent la modernisation des transports urbains, avec de nouveaux investissements dans le ferroviaires. Face à la pression démographique, la métropole nigériane tente de structurer une offre encore dominée par l’informel.
Au Nigeria, l'Etat de Lagos a récemment présenté une nouvelle rame de 24 voitures, réceptionnée en Chine et destinée à renforcer la flotte de la Red Line, la deuxième ligne du réseau ferroviaire urbain. Selon le gouverneur Babajide Sanwo-Olu, ces voitures devraient permettre d’accroître les capacités de transport, de réduire les temps d’attente, améliorant ainsi la mobilité quotidienne des usagers.
Cette acquisition s’inscrit dans la dynamique de développement du réseau express régional de Lagos (Lagos Rail Mass Transit), devenu depuis sa mise en service en 2023 un levier central de la mobilité urbaine. En janvier dernier, les autorités ont annoncé l’allocation d’environ 102,3 milliards de nairas (environ 76,2 millions USD) dans le budget 2026, pour la construction de la troisième ligne.
Conçu pour absorber une partie du trafic routier de la métropole, le réseau ferroviaire devrait à terme compter sept lignes. Outre les trois premières, il intégrera également les lignes Yellow, Purple, Orange et Brown. Opérationnelle depuis 2024, la Red Line dispose d’une capacité estimée à 500 000 passagers par jour, tandis que la Blue Line, mise en service en septembre 2023, peut transporter jusqu’à 250 000 voyageurs quotidiennement.
Ces capacités restent toutefois limitées au regard de la demande, encore majoritairement prise en charge par des opérateurs privés. Cette situation souligne l’urgence pour les autorités d’étendre l’offre de transport public. Le développement du réseau ferroviaire s’accompagne par ailleurs de services de transport fluvial, dans une logique de diversification des modes.
Malgré ces investissements, l’offre publique de transport collectif demeure insuffisante dans une agglomération de plus de 20 millions d’habitants. Le marché du transport urbain reste dominé par les minibus et les tricycles, souvent associés à des conditions de confort précaires et à des risques élevés en matière de sécurité.
ecofine