Me Clédor Ly :« Les mensonges contre Sonko ont été orchestrés au sommet de l’État »


Rédigé le Lundi 22 Décembre 2025 à 20:47 | Lu 10 fois | 0 commentaire(s)



Les avocats de Ousmane Sonko ont tenu un point de presse consacré au recours en révision du procès d’Ousmane Sonko. MaitreClédor Ly a livré une charge d’une rare virulence contre ce qu’il qualifie de « conspiration politico-judiciaire », impliquant des acteurs nationaux et internationaux. Un discours qui dépasse le cadre strictement judiciaire pour interroger l’histoire démocratique récente du Sénégal. 
Maitre Ly inscrit la démarche judiciaire dans une portée symbolique et historique. « Ce recours en révision est porteur d’une bonne nouvelle et d’une bonne espérance pour le peuple sénégalais, pour la diaspora, pour l’Afrique et pour tous ceux qui ont tremblé pour ce pays ». Selon lui, le Sénégal a frôlé un basculement durable dans la tyrannie, au profit de « forces compradore supports de l’impérialisme occidental », face auxquelles Ousmane Sonko incarnait une rupture.
Un homme « violenté, martyrisé et privé de ses droits »
L’avocat décrit un homme politique systématiquement ciblé pour sa vision souverainiste : « Ousmane Sonko a été violenté, martyrisé, embastillé, en violation de tous ses droits fondamentaux. Son seul tort : avoir porté une vision audacieuse pour l’Afrique ». Pour Me Ly, Sonko représentait une menace pour des intérêts enracinés dans des rapports politiques, économiques et diplomatiques héritées du colonialisme. En l’en croire, le cœur de l’accusation est sans détour : « Nous sommes face à l’une des plus grandes conspirations de l’histoire politique du Sénégal, visant à confisquer la démocratie, les libertés et à vassaliser des juges ». Le procès ayant conduit à la condamnation de Sonko est décrit comme un instrument politique, destiné à l’empêcher d’accéder au pouvoir et à neutraliser un projet de souveraineté nationale. 
Maitre Clédor Ly balaie toute ambiguïté sur le statut politique de Sonko « Ousmane Sonko est électeur et éligible aujourd’hui. Tant qu’il aura un souffle de vie, tout débat sur cette question est sans intérêt ». Il rappelle que la révision ne vise pas l’éligibilité, mais le rétablissement de la vérité face à une condamnation qu’il juge injuste.
L’avocat dresse un inventaire sévère des irrégularités : « Comparutions forcées, dispositif sécuritaire à caractère militaire, violations répétées des droits de la défense, appels abusifs du parquet et de la partie civile, programmation du dossier avant l’épuisement des délais légaux. » « Le droit a été bafoué. Le procès a été conduit au mépris du droit à un procès équitable. » 
Maitre Ly pointe également des responsabilités institutionnelles lourdes : « Le refus de la Cour suprême d’examiner le recours en inconstitutionnalité restera une tache ». Il accuse le Conseil constitutionnel d’avoir invalidé une candidature sur la base d’une décision non définitive :« Une commande politique a été exécutée froidement. »
« Un mensonge d’État organisé »
Selon l’avocat, les accusations reposaient sur une construction délibérée : « Le monde entier était convaincu que ce procès procédait d’un complot politique national, avec des complicités à l’étranger. » Il évoque un mensonge d’État, entretenu jusque dans les rouages judiciaires. Mame Mbaye Niang est la « tête de Turc » d’un système utilisé à des fins politiques », dit-il.
Il l’accuse d’avoir persisté dans le mensonge avant de fuir le pays pour éviter d’affronter la vérité. Maitre Clédor Ly insiste sur une distinction essentielle : « L’amnistie efface la peine, mais pas la condamnation. La révision, elle, annule la condamnation pénale et civile ». La révision ouvre également la voie à la réhabilitation complète, l’annulation de la déclaration de culpabilité, la réparation des préjudices économiques, moraux et politiques. Pour l’avocat, la procédure à venir sera historique. « Ce procès en révision sera inédit, parce qu’il ne s’agit pas d’une simple erreur judiciaire, mais d’une conspiration politico-judiciaire ». Et de conclure par une formule solennelle :« L’immortalité réside dans la vérité, l’éphémère est le dessein du mensonge. »
SENEWEB


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