La démocratie sénégalaise en danger : L'avertissement inquiet d'Hamidou Anne


Rédigé le Dimanche 16 Novembre 2025 à 17:24 | Lu 3 fois | 0 commentaire(s)



Invité au « Jury du dimanche » sur Iradio, Hamidou Anne, essayiste et désormais membre de l'Alliance Pour la République (APR), a livré un regard particulièrement inquiet sur l'avenir de la démocratie, qu’il estime être en pleine « régression » à l’échelle mondiale. Il avertit que le Sénégal n'est pas épargné par les menaces.
Pour Hamidou Anne, la démocratie traverse sa plus grande crise depuis trente ans. Il rappelle une vérité fondamentale : « La démocratie n’est jamais achevée. Elle est toujours en sursis. »
À l’échelle internationale, il observe un affaiblissement général alimenté par la tentation populiste en Europe, le durcissement des régimes, l’affaiblissement du multilatéralisme.
En Afrique de l’Ouest, il note avec inquiétude « l’engouement d’une partie de la jeunesse pour les coups d’État militaires » (Mali, Niger, Burkina Faso), tout en soulignant un danger plus insidieux :« Les régimes populistes sont plus dangereux que les putschs, car ils détruisent les contre-pouvoirs progressivement et légalement. »
Le risque principal, selon lui, est de basculer dans une démocratie illibérale sans que les citoyens ne s’en rendent compte.
Interrogé spécifiquement sur sur le Sénégal, Hamidou Anne a pointé du doigt les « signaux faibles » de fragilisation démocratique : appels à l’armée, violences politiques, crispations institutionnelles, procédures judiciaires controversées, et fragilités des libertés individuelles. « Le danger, c’est que les citoyens se réveillent un jour et découvrent qu’ils ne vivent plus en démocratie, » a-t-il affirmé.
Pour inverser la tendance et protéger le pays, l'essayiste plaide pour un triple effort : le renforcement de l’éducation nationale, socle de tout État moderne; la modernisation du logiciel démocratique, encore marqué par les dérives des régimes précédents; la défense des institutions, seules garantes de stabilité.
Son leitmotiv est clair, rejoignant une philosophie souvent associée à Barack Obama : « Des institutions fortes, non des hommes forts. » Il considère cette approche comme vitale dans le contexte actuel de polarisation extrême.
 


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