« Le titre domanial est la base du développement d’un pays. Malheureusement, il est devenu la source de la pauvreté de nos chers compatriotes mais surtout des villages », a-t-il déclaré. Abdou Khadre Diokhane pointe du doigt des pratiques qu’il juge contraires aux intérêts des populations, évoquant « des prête-noms des hommes du foncier » ainsi qu’une « violation flagrante » du serment des autorités chargées de défendre le domaine national. Selon lui, les litiges fonciers constituent aujourd’hui un frein majeur aux investissements et au développement économique du Sénégal. « Les litiges fonciers continuent à être un freinage d’investissements pour une bonne marche de la croissance économique », a-t-il soutenu, ajoutant qu’« un foncier fraudé montre encore une fois comment la corruption est ancrée dans le système administratif du Sénégal ».
Dans son adresse au chef de l’État, il s’interroge également sur les dysfonctionnements observés dans la gestion administrative du foncier. « Comment un foncier enregistré sur le domaine national peut avoir plusieurs propriétaires ? », a-t-il demandé, dénonçant « l’amateurisme » et « le manque d’une bonne politique structurelle » au sein des directions chargées du foncier. Le responsable politique affirme avoir nourri de grands espoirs avec l’arrivée du nouveau régime. « Connaissant les circuits administratifs du Foncier national, nous avions espéré que dans votre gouvernance, les nombreux litiges fonciers doivent être réglés et réorganisés sans discrimination ni favoritisme pour le bien du peuple souverain », a-t-il lancé à l’endroit du Président Bassirou Diomaye Faye.
Abdou Khadre Diokhane dénonce également l’existence de pratiques corruptives dans l’administration foncière. « La corruption dans le milieu foncier commence dans les bureaux administratifs avec des pots-de-vin et des dessous de table », a-t-il accusé, estimant que cette situation entraîne « des souffrances inutiles » et compromet de nombreux projets. Enfin, il attire l’attention sur les conséquences sociales de cette situation, notamment pour les Sénégalais de la diaspora. « La bombe foncière est devenue un quotidien des Sénégalais mais surtout de la Diaspora », a-t-il affirmé, regrettant que « les compatriotes pauvres et moyens payent le diktat, le privilège et l’autoritarisme des privilégiés sur les signatures de notre administration foncière ».