Le Premier ministre et les autres membres du gouvernement sont attendus à l’Assemblée nationale, mardi 24 février, pour répondre à des questions d’actualité, un rituel qui devrait avoir une forte teneur politique, auquel Ousmane Sonko est habitué depuis l’installation de la 15e législature.
Les questions qui font le plus débat au sein de l’opinion depuis quelques jours devraient être au centre des échanges du chef de gouvernement avec les députés.
Il s’agit notamment de la crise universitaire, de la question de l’homosexualité et du sujet relatif à l’emprisonnement de 18 supporters sénégalais au Maroc depuis la finale de la dernière édition de la Coupe d’Afrique des nations de football. Les sujets économiques ne seront pas en reste non plus.
Lors de la première séance de questions d’actualité, le 21 février 2025, le Premier ministre devait convaincre une Assemblée nationale tout de même acquise à sa cause : Pastef, son parti politique, détient 130 des 165 sièges de l’institution parlementaire depuis les élections législatives anticipées du 17 novembre 2024.
Son face-à-face avec les députés avait alors tourné essentiellement autour de la question de la dette dite cachée, héritée des ex-dirigeants du pays, Macky Sall et son gouvernement.
Dix jours auparavant, la Cour des comptes, dans un rapport consacré à la gestion des finances publiques entre 2019 et 2023, signalait des “manquements graves” et des “données erronées”, relativement au déficit budgétaire et à la dette publique.
L’ex-président de la République, Macky Sall, et son parti politique ont contesté l’existence de cette dette cachée, confirmée en revanche par le Fonds monétaire international (FMI), qui s’étonne même de son ampleur.
Pour la deuxième séance des questions d’actualité, le 14 avril 2025, Ousmane Sonko et les membres du gouvernement devaient répondre à des questions relatives aux licenciements survenus dans le secteur public, à la dette dite cachée, à la cherté de la vie, à la reddition des comptes, etc.
“Une prérogative républicaine d’abord”
Le 28 novembre 2025, il a été demandé au Premier ministre de s’expliquer sur son voyage à Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, lequel avait suscité beaucoup de rumeurs. Ousmane Sonko a été aussi interpellé, à cette occasion, sur la crise politique et institutionnelle en Guinée Bissau. Il avait refusé de parler de coup d’État au sujet du président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló, soupçonné d’avoir servi le pouvoir sur un plateau d’argent à des officiers supérieurs de l’armée pour empêcher un candidat de l’opposition de lui succéder. Fernando Dias avait dominé le scrutin dans de nombreux bureaux de vote.
Pour les questions d’actualité de ce mardi 24 février, Ousmane Sonko devra répondre à des questions aussi brûlantes et sensibles que la crise universitaire, la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba et le débat sur l’homosexualité au Sénégal. Ousmane Sonko et les autres membres du gouvernement devront se prononcer aussi sur la situation économique du pays et d’autres sujets d’actualité.
Ce rendez-vous de questions-réponses entre le Premier ministre et les députés, le quatrième du genre, est régi par l’article 104 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Selon cet article, pendant la session ordinaire unique, un jour au moins par trimestre est réservé aux “questions d’actualité au gouvernement”.
Mais au-delà de cette obligation légale, M. Sonko, très habitué à cet exercice, peut y trouver aussi une tribune de communication politique.
Dans un entretien avec l’APS, Momar Thiam, docteur en communication, estime que la régularité des rendez-vous du Premier ministre avec l’Assemblée nationale relève moins d’un besoin de communication que d’une “prérogative républicaine”.
Même si des questions aussi brûlantes que sensibles font le menu de ce rendez-vous, M. Thiam soutient qu’il ne s’agit pas d’un besoin ou d’une nécessité de communiquer. Il s’agit plutôt, à son avis, d’une “prérogative communicationnelle” nécessaire aux relations entre les institutions.
“Ousmane Sonko est bon dans la confrontation”
M. Sonko n’est ni le premier ni le seul chef de gouvernement ayant répondu aux questions d’actualité. Mais le format de son face-à-face avec les députés n’était pas non plus le jeu favori de ses prédécesseurs.
Certains chefs de gouvernement auraient peut-être préféré le silence aux épineuses questions sur l’homosexualité et les allégations de transmission volontaire du Sida, mais Ousmane Sonko n’est pas de cette étoffe, selon lui. “J’ai l’habitude de dire, pour le décrire, qu’Ousmane Sonko n’est bon que dans la confrontation”, a dit le docteur en communication, rappelant que le Premier ministre est passé par les luttes syndicales. Il a dirigé le Syndicat autonome des agents des impôts et des domaines, de 2005 à 2012.
Momar Thiam reconnaît que M. Sonko est “fort aussi dans la communication interactive”, celle qu’il est appelé à pratiquer à l’Assemblée nationale, ce mardi.
Il relève toutefois les limites de cette communication, cette spécialité n’étant qu’un “instrument de gouvernance et non une fin en soi”.
L’art de baisser la tension
M. Thiam est d’avis que le chef du gouvernement est attendu pour allier davantage “communication et action, pour qu’il y ait plus d’efficacité, pour que cette communication ne soit pas contre-productive”.
Le gouvernement a posé des actes en annonçant la réouverture des campus universitaires et en adoptant en Conseil des ministres un projet de loi visant à durcir la peine requise pour punir les actes contre nature.
“Même si ce sont des décisions actées, il n’est pas dit que le besoin de communication ne se fait pas sentir”, relativise Momar Thiam.
“Le peuple veut écouter les ministres concernés et le Premier ministre répondre aux questions d’actualité. Mais il a surtout besoin d’entendre la voix la plus autorisée de toutes, celle du président de la République”, ajoute le docteur en communication.
APS
Les questions qui font le plus débat au sein de l’opinion depuis quelques jours devraient être au centre des échanges du chef de gouvernement avec les députés.
Il s’agit notamment de la crise universitaire, de la question de l’homosexualité et du sujet relatif à l’emprisonnement de 18 supporters sénégalais au Maroc depuis la finale de la dernière édition de la Coupe d’Afrique des nations de football. Les sujets économiques ne seront pas en reste non plus.
Lors de la première séance de questions d’actualité, le 21 février 2025, le Premier ministre devait convaincre une Assemblée nationale tout de même acquise à sa cause : Pastef, son parti politique, détient 130 des 165 sièges de l’institution parlementaire depuis les élections législatives anticipées du 17 novembre 2024.
Son face-à-face avec les députés avait alors tourné essentiellement autour de la question de la dette dite cachée, héritée des ex-dirigeants du pays, Macky Sall et son gouvernement.
Dix jours auparavant, la Cour des comptes, dans un rapport consacré à la gestion des finances publiques entre 2019 et 2023, signalait des “manquements graves” et des “données erronées”, relativement au déficit budgétaire et à la dette publique.
L’ex-président de la République, Macky Sall, et son parti politique ont contesté l’existence de cette dette cachée, confirmée en revanche par le Fonds monétaire international (FMI), qui s’étonne même de son ampleur.
Pour la deuxième séance des questions d’actualité, le 14 avril 2025, Ousmane Sonko et les membres du gouvernement devaient répondre à des questions relatives aux licenciements survenus dans le secteur public, à la dette dite cachée, à la cherté de la vie, à la reddition des comptes, etc.
“Une prérogative républicaine d’abord”
Le 28 novembre 2025, il a été demandé au Premier ministre de s’expliquer sur son voyage à Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, lequel avait suscité beaucoup de rumeurs. Ousmane Sonko a été aussi interpellé, à cette occasion, sur la crise politique et institutionnelle en Guinée Bissau. Il avait refusé de parler de coup d’État au sujet du président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló, soupçonné d’avoir servi le pouvoir sur un plateau d’argent à des officiers supérieurs de l’armée pour empêcher un candidat de l’opposition de lui succéder. Fernando Dias avait dominé le scrutin dans de nombreux bureaux de vote.
Pour les questions d’actualité de ce mardi 24 février, Ousmane Sonko devra répondre à des questions aussi brûlantes et sensibles que la crise universitaire, la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba et le débat sur l’homosexualité au Sénégal. Ousmane Sonko et les autres membres du gouvernement devront se prononcer aussi sur la situation économique du pays et d’autres sujets d’actualité.
Ce rendez-vous de questions-réponses entre le Premier ministre et les députés, le quatrième du genre, est régi par l’article 104 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Selon cet article, pendant la session ordinaire unique, un jour au moins par trimestre est réservé aux “questions d’actualité au gouvernement”.
Mais au-delà de cette obligation légale, M. Sonko, très habitué à cet exercice, peut y trouver aussi une tribune de communication politique.
Dans un entretien avec l’APS, Momar Thiam, docteur en communication, estime que la régularité des rendez-vous du Premier ministre avec l’Assemblée nationale relève moins d’un besoin de communication que d’une “prérogative républicaine”.
Même si des questions aussi brûlantes que sensibles font le menu de ce rendez-vous, M. Thiam soutient qu’il ne s’agit pas d’un besoin ou d’une nécessité de communiquer. Il s’agit plutôt, à son avis, d’une “prérogative communicationnelle” nécessaire aux relations entre les institutions.
“Ousmane Sonko est bon dans la confrontation”
M. Sonko n’est ni le premier ni le seul chef de gouvernement ayant répondu aux questions d’actualité. Mais le format de son face-à-face avec les députés n’était pas non plus le jeu favori de ses prédécesseurs.
Certains chefs de gouvernement auraient peut-être préféré le silence aux épineuses questions sur l’homosexualité et les allégations de transmission volontaire du Sida, mais Ousmane Sonko n’est pas de cette étoffe, selon lui. “J’ai l’habitude de dire, pour le décrire, qu’Ousmane Sonko n’est bon que dans la confrontation”, a dit le docteur en communication, rappelant que le Premier ministre est passé par les luttes syndicales. Il a dirigé le Syndicat autonome des agents des impôts et des domaines, de 2005 à 2012.
Momar Thiam reconnaît que M. Sonko est “fort aussi dans la communication interactive”, celle qu’il est appelé à pratiquer à l’Assemblée nationale, ce mardi.
Il relève toutefois les limites de cette communication, cette spécialité n’étant qu’un “instrument de gouvernance et non une fin en soi”.
L’art de baisser la tension
M. Thiam est d’avis que le chef du gouvernement est attendu pour allier davantage “communication et action, pour qu’il y ait plus d’efficacité, pour que cette communication ne soit pas contre-productive”.
Le gouvernement a posé des actes en annonçant la réouverture des campus universitaires et en adoptant en Conseil des ministres un projet de loi visant à durcir la peine requise pour punir les actes contre nature.
“Même si ce sont des décisions actées, il n’est pas dit que le besoin de communication ne se fait pas sentir”, relativise Momar Thiam.
“Le peuple veut écouter les ministres concernés et le Premier ministre répondre aux questions d’actualité. Mais il a surtout besoin d’entendre la voix la plus autorisée de toutes, celle du président de la République”, ajoute le docteur en communication.
APS