Le Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) est monté au créneau, ce mardi 10 février, au lendemain du décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Le drame serait survenu à la suite d’une incursion des forces de l’ordre dans le campus social, dans un contexte de tensions universitaires persistantes.
Dans un communiqué rendu public après une réunion d’urgence de son Secrétariat national, le SAES exprime sa profonde consternation et présente ses condoléances à la famille du défunt, à la communauté universitaire et à la Nation entière. Mais au-delà de l’émotion, le ton est grave, accusateur et empreint d’une forte indignation.
Une mort qui ravive de douloureux souvenirs
Le syndicat rappelle que cette disparition intervient deux ans, jour pour jour, après celle d’Alpha Yéro Tounkara à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, le 9 février 2024. Pour le SAES, la mort d’Abdoulaye Ba s’inscrit dans une longue liste d’étudiants décédés lors d’interventions policières dans les universités sénégalaises : Balla Gaye (2001), Bassirou Faye (2014), Mouhamadou Fallou Sène (2018), Alpha Yéro Tounkara et Prosper Clédor Senghor (2024).
Autant de drames qui, selon l’organisation syndicale, traduisent une banalisation inquiétante de la violence dans l’espace universitaire.
« Usage disproportionné de la force »
Le SAES condamne « avec la dernière énergie » ce qu’il qualifie d’usage disproportionné et aveugle de la force par les forces de l’ordre, estimant que celles-ci ont dépassé le cadre du maintien de l’ordre. Cette intervention aurait, selon le syndicat, provoqué non seulement la mort de l’étudiant, mais également l’embrasement généralisé des universités publiques du pays.
Le syndicat tient directement le gouvernement pour responsable, pointant du doigt une mauvaise gestion récurrente des crises universitaires
Le rappel d’un avertissement ignoré
Le SAES souligne qu’il avait pourtant alerté les autorités dès le 3 décembre 2025. Dans un précédent communiqué, il appelait les étudiants au calme, exhortait les forces de l’ordre à la retenue et demandait au ministère de l’Enseignement supérieur et au gouvernement d’engager un dialogue sincère avec les étudiants, notamment sur la question sensible des bourses.
Le syndicat insistait également sur le respect strict de la loi 94-79 du 7 novembre 1994 relative aux franchises et libertés universitaires, qui encadre les interventions des forces de sécurité dans les campus.
Des universités en crise structurelle
Au-delà du drame, le SAES met en lumière des problèmes structurels qu’il dit dénoncer depuis des années : massification incontrôlée des effectifs, insuffisance des dotations budgétaires, déficit en personnel enseignant et de recherche, infrastructures pédagogiques et sociales inachevées depuis plus d’une décennie, et absence d’évaluation sérieuse des réformes, notamment du système LMD.
Selon le syndicat, ces dysfonctionnements chroniques sont à l’origine du dérèglement du calendrier académique, qui impacte directement le paiement des bourses et alimente la colère estudiantine.
Demande de sursis sur la réforme des bourses
Dans ce contexte explosif, le SAES demande au gouvernement de surseoir à la réforme en cours sur les bourses, estimant qu’aucune réforme ne peut réussir sans consensus, transparence et démarche inclusive.
Il appelle à l’ouverture de concertations sérieuses sur l’ensemble des questions qui minent le fonctionnement des universités publiques.
Appel à la vérité et au dialogue
Le SAES exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès d’Abdoulaye Ba et que les responsabilités soient situées. Il réclame des sanctions contre les coupables, dans un souci de justice et pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.
Tout en saluant les efforts de médiation menés les 8 et 9 février par la coordination SAES-UCAD pour éviter l’escalade, le syndicat réaffirme sa disponibilité à participer à un dialogue permanent entre les autorités et les étudiants afin de restaurer la paix et la stabilité dans l’espace universitaire sénégalais.
seneweb
Dans un communiqué rendu public après une réunion d’urgence de son Secrétariat national, le SAES exprime sa profonde consternation et présente ses condoléances à la famille du défunt, à la communauté universitaire et à la Nation entière. Mais au-delà de l’émotion, le ton est grave, accusateur et empreint d’une forte indignation.
Une mort qui ravive de douloureux souvenirs
Le syndicat rappelle que cette disparition intervient deux ans, jour pour jour, après celle d’Alpha Yéro Tounkara à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, le 9 février 2024. Pour le SAES, la mort d’Abdoulaye Ba s’inscrit dans une longue liste d’étudiants décédés lors d’interventions policières dans les universités sénégalaises : Balla Gaye (2001), Bassirou Faye (2014), Mouhamadou Fallou Sène (2018), Alpha Yéro Tounkara et Prosper Clédor Senghor (2024).
Autant de drames qui, selon l’organisation syndicale, traduisent une banalisation inquiétante de la violence dans l’espace universitaire.
« Usage disproportionné de la force »
Le SAES condamne « avec la dernière énergie » ce qu’il qualifie d’usage disproportionné et aveugle de la force par les forces de l’ordre, estimant que celles-ci ont dépassé le cadre du maintien de l’ordre. Cette intervention aurait, selon le syndicat, provoqué non seulement la mort de l’étudiant, mais également l’embrasement généralisé des universités publiques du pays.
Le syndicat tient directement le gouvernement pour responsable, pointant du doigt une mauvaise gestion récurrente des crises universitaires
Le rappel d’un avertissement ignoré
Le SAES souligne qu’il avait pourtant alerté les autorités dès le 3 décembre 2025. Dans un précédent communiqué, il appelait les étudiants au calme, exhortait les forces de l’ordre à la retenue et demandait au ministère de l’Enseignement supérieur et au gouvernement d’engager un dialogue sincère avec les étudiants, notamment sur la question sensible des bourses.
Le syndicat insistait également sur le respect strict de la loi 94-79 du 7 novembre 1994 relative aux franchises et libertés universitaires, qui encadre les interventions des forces de sécurité dans les campus.
Des universités en crise structurelle
Au-delà du drame, le SAES met en lumière des problèmes structurels qu’il dit dénoncer depuis des années : massification incontrôlée des effectifs, insuffisance des dotations budgétaires, déficit en personnel enseignant et de recherche, infrastructures pédagogiques et sociales inachevées depuis plus d’une décennie, et absence d’évaluation sérieuse des réformes, notamment du système LMD.
Selon le syndicat, ces dysfonctionnements chroniques sont à l’origine du dérèglement du calendrier académique, qui impacte directement le paiement des bourses et alimente la colère estudiantine.
Demande de sursis sur la réforme des bourses
Dans ce contexte explosif, le SAES demande au gouvernement de surseoir à la réforme en cours sur les bourses, estimant qu’aucune réforme ne peut réussir sans consensus, transparence et démarche inclusive.
Il appelle à l’ouverture de concertations sérieuses sur l’ensemble des questions qui minent le fonctionnement des universités publiques.
Appel à la vérité et au dialogue
Le SAES exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès d’Abdoulaye Ba et que les responsabilités soient situées. Il réclame des sanctions contre les coupables, dans un souci de justice et pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.
Tout en saluant les efforts de médiation menés les 8 et 9 février par la coordination SAES-UCAD pour éviter l’escalade, le syndicat réaffirme sa disponibilité à participer à un dialogue permanent entre les autorités et les étudiants afin de restaurer la paix et la stabilité dans l’espace universitaire sénégalais.
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